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Introduction
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 iplomacy
est le jeu d'alliances par excellence. La formation, le maintien,
l'évaluation, le contrôle et la terminaison des alliances sont au
coeur de l'art du diplomate et le principal chemin vers la victoire
à Diplomacy. Bien que d'autres jeux soient à base d'alliances, aucun
n'a réussi à lui donner un tel rôle central dans le moyen de gagner
une partie. Pour la majorité des joueurs, alliance veut dire " à
deux ". Cette forme étroite de pensée réduit dramatiquement les
options des joueurs. Ils peuvent très bien alors ne pas en prendre
une autre sorte en considération alors qu'elle lui apporterait une
meilleure croissance.
Je pense qu'une partie de cela est due au nombre de combinaisons
possibles. La France, par exemple, a 6 alliances à deux possibles
à considérer et l'une d'elles (France-Turquie) ne peut lui fournir
que de maigres perspectives de coopération militaire en début de
partie. Mais il y a 15 alliances triples possibles! Et toutes ces
alliances lui offre des possibilités d'actions militaires communes
dès le départ. Naturellement, plus de la moitié de ces alliances
permettront à la France deux ou trois manières différentes d'agir.
En tout, il y a une foule de triples alliances possibles (35 au
total) et nous devons nous imposer des limites pour en avoir une
bonne compréhension. Quelles sont leurs similitudes et leurs différences?
Comment pouvons-nous leur donner une signification aussi simple
que possible?
Je propose que les triples alliances soient classées en 3 types
de base, fermées, ouvertes et disjointes. Chaque
type a des caractéristiques et des dynamiques différentes. Regardons
chacun de ces types.
Mais avant, nous devons donner une définition des puissances voisines.
Deux puissances sont voisines si une unité de chacune d'elle peut
aller d'un de ses centres nationaux vers un des centres nationaux
de l'autre sans passer par une province adjacente à un des centres
nationaux d'une troisième puissance. Il existe cependant une exception
dont je parlerai brièvement.
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Alliance Fermée
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une triple alliance fermée, chaque puissance est voisine des deux
autres. De ce point de vue, ces alliances sont symétriques. Il en
existe 6, Autriche-Allemagne-Russie
(l'alliance " centrale "), Autriche-Italie-Turquie (alliance
sud), Russie-Autriche-Turquie (alliance est ou RAT), Angleterre-France-Allemagne
(alliance ouest), Angleterre-Allemagne-Russie (alliance nord)
et Autriche-Allemagne-Italie (alliance de l'intérieur). La
seule exception à cette définition stricte est la dernière, mais
je traite l'Allemagne et l'Italie comme des puissances voisines.
Ces deux nations sont proches et dans cette configuration, Trieste
et Vienne ne sont pas des centres nationaux hostiles.
Comme on peut s'y attendre, ce sont les triples alliances les plus
populaires et celles sur lesquelles on a le plus écrit. Elles sont
difficiles à cacher aux autres joueurs dans une partie puisque tout
concourt à montrer que 3 joueurs se sont alliés ensemble. Elles
comportent également un manque de certaines libertés d'action. Normalement,
les joueurs attaquent leurs voisins, mais deux d'entre eux ne sont
pas dans les normes. Par exemple, une triple alliance ouest force
la France à attaquer l'Italie et l'Angleterre à attaquer la Russie.
Pendant ce temps, l'Allemagne doit attaquer la Russie, trouver un
allié extérieur contre l'Autriche ou lancer une attaque difficile
sur l'Italie. Ceci est peut être un exemple extrême, mais la plupart
des triples alliances sont tellement à l'étroit que certaines paires
ne peuvent agir conjointement en attaque. Ainsi, une triple alliance
nord ne permet aucune action coordonnée Anglo-Russe jusqu'à tard
dans la partie. Une triple alliance est ne verra jamais de coopération
Russo-Turque. Ces triples alliances sont, d'une certaine manière,
les moins complètes et les moins bien conçues.
Elles apportent néanmoins quelques avantages. La répartition des
centres neutres rend possible une attribution diplomatique et non
militaire. Par exemple, dans une triple alliance est, il n'y aura
pas de querelles inutiles pour la Roumanie ou la Grèce. Un certain
niveau de stabilité vient du fait que chacun sait qu'il se trouve
dans la même position que les deux autres. D'un autre côté, il y
aura 3 manières possibles pour que deux joueurs trahissent le troisième,
une circonstance qui se produit souvent en milieu de partie pour
les triples alliances fermées.
Cela ne veut pas dire que de telles alliances soient totalement
symétriques. Sauf pour la combinaison Autriche-Italie-Allemagne,
ces alliances ont au moins une des puissances impliquées qui est
contiguë à un bord de la carte et au moins une puissance qui ne
l'est pas. Celles qui occupent une position d'angle (Angleterre
ou Turquie) seront plus en sécurité, mais cela restreindra d'autant
plus leur expansion. Ainsi, dans une triple alliance sud, lorsque
la Turquie aura eu sa part de la Russie, elle devra faire face à
la rude tâche de contourner l'Autriche pour passer en Allemagne
si elle n'arrive pas à se glisser en Scandinavie. Une autre asymétrie
vient du fait qu'une des puissances de la triple alliance doit se
trouver un allié en dehors de cette alliance. Ainsi, dans une alliance
Autriche-Italie-Allemagne, l'Italie commencera en général la partie
en attaquant la Turquie ou la France, mais pas les deux, laissant
l'Allemagne ou l'Autriche chercher autre part un allié contre les
puissances restantes.
Ces alliances ne sont pas faites pour les diplomates actifs car
elles sont plutôt de nature claustrophobe. Par contre, elles peuvent
être très efficaces. L'une des plus impitoyables est la triple alliance
nord, sous-estimée et peu utilisée. Elle partage la totalité des
centres neutres du nord de la carte, de la Suède à la Belgique.
La France est la cible à l'ouest et le joueur Russe devra trouver
un allié extérieur pour attaquer l'Autriche ou la Turquie. Il pourra
même agir contre l'Allemagne contre l'Autriche, mais le chemin le
plus sûr vers la victoire passe par l'élimination de la Turquie
en premier en essayant d'attirer les flottes Autrichienne et/ou
Italienne vers l'est. Dans une seconde étape, le binôme Russie-Allemagne
poussera au sud, pendant que l'Angleterre fera passer ses flottes
en Méditerranée. A la fin toutes se rencontreront en Grèce.
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Alliance Ouverte
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une triple alliance ouverte, une puissance est voisine de ses deux
puissances alliées, mais ces dernières ne sont pas voisines entre
elles. Il existe 14 triples alliances ouvertes possibles. Le joueur
de la puissance du milieu est à la fois béni et maudit. Il peut
souvent agir rapidement sur les puissances se trouvant sur l'un
de ses côtés ou même sur les deux. Ainsi, dans un pacte Angleterre-Russie-Turquie,
la Russie peut attaquer l'Allemagne, l'Autriche ou les deux. Il
n'aura pas normalement à chercher un allié à l'extérieur de la triple
alliance. D'un autre côté, il court le risque de sa faire soudainement
écraser par ses deux alliés, aussi il aura à faire face à une rude
tâche diplomatique interne. Il doit satisfaire ses alliés. Toutefois,
puisque c'est la seule des trahisons qui est véritablement faisable
(les deux puissances extérieures contre la puissance centrale),
les triples alliances ouvertes tendent à être plus stables que les
triples alliances fermées.
Quelques nouveaux développements peuvent être mis en évidence ici
car ceux-ci sont rarement vus dans les triples alliances fermées.
Trois de ces triples alliances (Italie-Russie-Turquie, Angleterre-France-Russie
et Angleterre-France- Italie) posent un sérieux problème pour la
puissance centrale. Après la mise à mort de la première victime
(Autriche, Allemagne et Allemagne respectivement), la puissance
centrale peut être complètement enfermées. Des précautions spéciales
doivent être prises au départ pour éviter cette voie sans issue.
Par exemple, pour une triple alliance Italie-Russie-Turquie, les
flottes Italiennes et Turques peuvent former une armada combinée
pour donner l'assaut aux espaces Ibériens et de l'Atlantique Moyen.
Un autre développement est celui du " Blitz ", les trois alliés
attaquant une autre puissance. Pour quelques unes, comme Angleterre-France-Italie
ou France-Italie-Turquie, ce développement est impossible. Mais,
en général, la triple alliance ouverte est la configuration idéale
pour un " Blitz ". Pour certaines, comme Autriche-Italie-Russie,
ca n'est pas seulement une perspective attrayante, mais elle peut
même être l'impulsion de départ pour former l'alliance. Les puissances
alliées doivent, toutefois, se demander si d'autres puissances peuvent
être invitées à l'attaque ou si elles peuvent être gardées en dehors
et mettre au point les moyens d'accomplir cela. Ainsi, si Autriche-Angleterre-Allemagne
décident de se débarrasser de la Russie, les puissances alliées
peuvent promouvoir une guerre Italo-Turque plutôt que de risquer
voir la Turquie grossir au détriment de leurs actions. Dans deux
cas (France-Allemagne-Russie contre Angleterre et Autriche-Italie-Russsie
contre Turquie) cela n'est pas préoccupant.
Les membres de l'alliance doivent également décider s'ils effectueront
une seconde attaque simultanée au Blitz. Per exemple, Autriche-Angleterre-Allemagne
pourraient broyer la Russie alors que le binôme Angleterre-Allemagne
ouvriraient un second front contre la France plus ou moins en même
temps. De telles circonstances peuvent donner à la triple alliance
un certain camouflage si une autre puissance peut être persuadée
de se joindre à la seconde attaque. Ainsi, dans ce scénario, l'Italie
se joindrait à l'attaque sur la France. De même, une triple alliance
France-Allemagne-Russie coincerait l'Angleterre alors qu'une attaque
de flanc menée par Allemagne-Russie se développerait (l'Allemagne
et la Russie peuvent réserver une armée pour cela au Printemps 1902).
Allemagne-Russie recrutent alors Italie et/ou Turquie pour rejoindre
cette dernière.
La décision de ne pas lancer de Blitz sur une puissance voisine
se prend généralement lorsqu'un des partenaires veut s'allier avec
cette puissance voisine. Si Allemagne-Russie-Turquie décident par
exemple de ne pas lancer de Blitz sur l'Autriche, alors Allemagne-Russie
attaqueront probablement l'Angleterre laissant la Turquie s'allier,
temporairement, avec l'Autriche contre l'Italie. Dans une seconde
étape de la partie, l'Autriche sera attaquée, mais alors la Turquie
(ayant pris les provinces de la mer Egée, de la mer Ionienne et
Naples, ainsi que peut être Tunis) sera en excellente position pour
faire mouvement sur l'Autriche.
L'alternative pour deux puissances de la triple alliance (mais pas
pour les trois) sera alors d'attaquer pendant que la troisième est
occupée autre part. Cette sorte de contrainte peut sembler étrange
à Diplomacy, mais parfois elle fonctionne bien. Dans une triple
alliance ouverte avec l'Allemagne et la France, la Russie peut trouver
plus prudent de les laisser prendre l'Angleterre pendant qu'elle
se concentre au sud. Elle pensera, naturellement, pouvoir prendre
la Norvège à tout instant.
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Alliance Disjointe
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 ans
cette forme d'alliance, deux des puissances impliquées sont voisines,
mais la troisième n'est voisine d'aucune des deux premières. Il
y a 15 alliances de ce type possibles. En général, une puissance
s'allie avec deux autres qui se trouvent à l'autre bout de la carte
(par exemple, la Turquie qui s'allie avec deux des puissances de
l'ouest). Ces alliances sont les plus stables des trois types étudiés
et sont les plus difficiles à remarquer par les autres joueurs.
Le " 3ème homme " d'une alliance triple disjointe a un problème
à résoudre différent de celui de ses partenaires. Il ne peut pas
être soudainement écrasé par ceux-ci, mais il doit travailler dur
pour que la triple alliance ne dégénère pas en double alliance entre
les deux puissances voisines. Sa fidélité devra trouver le moyen
de ne pas paraître menaçante pour les deux autres, car ils pourraient
se disputer, et le joueur séparé devra exploiter sa position pour
renforcer son rôle au sein de l'alliance.
La possibilité d'attaque " Blitz " existe encore ici, mais dans
une forme plus sourde. Dans seulement la moitié de ces 15 alliances,
un Blitz de départ est faisable. De plus, 4 de ces alliances impliquent
que l'Allemagne attaque l'Autriche ou vice-versa et parfois les
joueurs de ces puissances répugnent à en venir aux mains tôt dans
une partie. Une cinquième implique le Blitz sur l'Italie (par Autriche-France-Turquie)
et la question de Tunis peut faire avorter l'alliance dès le départ.
Ceci ne laisse que 3 triples alliances ayant une possibilité de
Blitz en début de partie.
L'une est Angleterre-Allemagne-Italie contre la France et c'est
une triple alliance très séduisante. L'Italie, espérant que l'Autriche
sera occupée à combattre contre la Russie ou la Turquie, planifiera
la prise de Marseille et de l'Espagne. L'Angleterre prendra Brest
et le Portugal et l'Allemagne s'assurera de la Belgique et de Paris.
La triple alliance se retournera ensuite vers la puissance dominante
à l'est. Les deux autres configurations possibles impliquent chacune
un Blitz sur la Russie par Angleterre-Turquie avec, soit l'Autriche,
soit l'Allemagne comme troisième partenaire. Dans le cas d'Angleterre-Allemagne-Turquie,
ils espéreront une guerre Austro-Italienne que la Turquie pourrait
provoquer. Angleterre-Turquie-Autriche seront tranquilles si l'Allemagne
est occupée dans une campagne de Russie. Naturellement, l'Angleterre
peut même ne pas avoir à rejoindre l'attaque sur la France si Italie-Allemagne
peuvent se laisser convaincre d'une campagne dans l'ouest.
Une autre forme d'action effectuée par une triple alliance disjointe,
est que deux des puissances non voisines prennent un ennemi en tenaille,
alors qu'une autre campagne se déroule avec les deux puissances
voisines. Naturellement, ceci veut dire qu'une des puissances de
la triple alliance sera impliquée dans deux conflits. Il y a un
grand nombre de possibilités ici et c'est probablement la forme
la plus commune que prend une alliance triple disjointe. Par exemple,
dans une union Angleterre-Italie-Russie, l'Italie et la Russie écraseront
l'Autriche alors que l'Angleterre et la Russie s'en prendront à
l'Allemagne. Alternativement, l'Angleterre peut se battre sur deux
fronts, avec l'Italie contre la France et avec la Russie contre
l'Allemagne. Lorsque la triple alliance aura respecté son programme,
ses membres pourront en recruter d'autres pour participer à leurs
attaques. Autrement, les puissances non impliquées soutiendront
probablement les puissances assiégées.
Les puissances qui seront impliquées dans deux guerres, seront fonction
de l'agressivité des joueurs et des forces disponibles. Pour France-Russie-Turquie
par exemple, la Russie pourrait faire partie d'un conflit Russie-Turquie
contre l'Autriche et France-Russie contre l'Angleterre. Mais si
la Turquie veut être impliquée dans deux guerres, nous aurons France-Turquie
contre l'Italie et Russie-Turquie contre l'Autriche. Mais ceci n'est
pas obligatoirement une bonne perspective car la Turquie peut ne
pas vouloir faire face à l'Italie et à l'Autriche en même temps.
La troisième option, et la plus spectaculaire, est que les trois
puissances soient impliquées chacune dans deux guerres, contre trois
puissances ennemies. J'ai baptisé cela " l'anneau de feu
". Ici, la triple alliance prend tout son sens. A une exception
près, seule une triple alliance peut mener cela à bien (en théorie,
Allemagne-Italie-Autriche peut le faire avec Autriche-Allemagne
contre la Russie, Allemagne-Italie contre la France et Italie-Autriche
contre la Turquie, mais comme indiqué dans des écrits précédents,
ceci fait porter une grosse charge sur la marine Italienne). Un
bon exemple de l'anneau de fer est donné par Angleterre-France-Turquie
attaquant par paires l'Allemagne, l'Italie et la Russie. Le remplacement
de l'Angleterre par la Russie dans cet exemple donnerait France-Turquie
contre l'Italie, Russie-Turquie contre l'Autriche et France-Russie
contre l'Allemagne.
Ceci donne un style de partie hautement agressif et nécessitera
quelques mouvements belliqueux en 1901 ainsi que des prises de risques.
Des rapports de 3 contre 3 ne sont pas très prometteurs à Diplomacy,
mais une alliance peut les améliorer.
1. Par l'élément de surprise, spécialement avec des trahisons
multiples en 1901.
2. En fomentant des guerres parmi les victimes.
3. En recrutant la septième puissance (Angleterre-France-Turquie
peut voir l'Autriche se joindre à une des guerres proposées).
Ce moyen est, dans un sens, l'opposé du Blitz qui cible une seule
victime. Cela peut retomber rapidement, car les trois autres joueurs
peuvent être si horrifiés de la tournure prise par les événements
qu'ils peuvent immédiatement monter une autre triple alliance en
contre. Ceci est spécialement vrai lorsque la victime du Blitz est
l'Autriche ou l'Allemagne. Le résultat est souvent que, alors que
la triple d'origine est forte, elle ne l'est pas assez pour vaincre
la nouvelle avant qu'elle établisse une ligne de stalemate. Dans
l'anneau de feu, aucune puissance n'est éliminée, mais les trois
sont affaiblies assez tôt. Avoir la main haute sur trois guerres
peut s'avérer suffisant pour éviter la formation d'une contre-alliance
efficace, même si la septième puissance essaye de les aider. Contrairement
à une guerre Blitz, la triple alliance affronte trois puissances
dont aucune n'a été sérieusement endommagée par les événements.
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Conclusion
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 'aimerais
terminer par quelques commentaires généraux sur les triples alliances
à Diplomacy. La facilité de former, de se servir et de cacher les
triples alliances est une des nombreuses caractéristiques qui rendent
les parties en face à face différentes des parties par correspondance.
Les parties en face à face assurent que chacun entendra le même
message, quelque chose qui n'existe pas dans les parties postales.
Les difficultés pour accorder les intérêts de trois puissances différentes
sont plus facilement maîtrisées dans les parties en face à face.
D'un autre côté, les joueurs expérimentés évitent fréquemment ce
genre d'alliance car elle implique trois puissances embarquées ensemble
et une trahison peut être mortelle dans un Diplomacy en face à face.
Pour y remédier un des joueurs de l'alliance agit comme un relais,
avec le risque habituel de mauvaise interprétation délibérée ou
accidentelle. Naturellement, lorsque la triple alliance est découverte,
un tel subterfuge est inutile.
Si vous avez conclu une bonne double alliance, soyez attentif à
ce que votre allié ne fasse pas partie intégrante d'une triple alliance.
Il peut être en train de conclure deux alliances principales concurrentes.
Si cela est le cas, il vous appartiendra de contacter l'autre puissance
et de discuter une alliance avec elle à votre tour.
L'approche de la triple alliance peut vous donner une meilleure
flexibilité lors de la fin d'une campagne. Dans de telles situations,
si vous avez conclu une double alliance, vous aurez trois choix
possibles :
1. Affirmer votre alliance et sélectionner une seconde victime.
2. Former une nouvelle alliance afin de vous mesurer avec
votre allié précédent.
3. Vous mesurer à lui en restant seul.
Les deux dernières possibilités entraînent des problèmes évidents.
La triple alliance vous donnera en général un quatrième choix, vous
allier avec l'un de vos partenaires contre le troisième. Si votre
alliance est du type fermé, vous aurez deux de ces possibilités
à discuter.
Il faudra garder à l'esprit que le plus gros danger d'une triple
alliance est de faire face à une quadruple alliance. Ceci peut paraître
impossible à réaliser aux joueurs expérimentés, mais cela arrive
parfois et peut stopper la triple alliance si l'alarme a été donnée
suffisamment tôt et prise en compte.
Lorsque la triple alliance a gagné et qu'il est peu probable qu'on
puisse l'empêcher d'envahir la surface de jeu, vous devrez évaluer
vos chances de survie dans le nouvel ordre du monde. Votre propre
force et vos succès ne doivent pas vous aveugler au point de risquer
d'être haché par vos anciens alliés. Comme règle générale, vous
aurez besoin de contrôler tous les centres nationaux de l'Angleterre
ou de la Turquie pour penser à construire une ligne de stalemate
à vous seul. Cinq triples alliances ont à la fois l'Angleterre et
la Turquie dans leurs participants, mais pour les 30 restantes,
une ou deux de ces puissances doivent être anéanties. Dans la plupart
des cas, les centres nationaux seront tenus par deux membres de
la triple alliance, ce qui veut dire que personne ne pourra créer
une telle ligne de stalemate.Vous devrez également être attentif
à la possibilité qu'un de vos alliés trahisse ses deux partenaires
pour tenter de manière soudaine la prise de 18 centres sans élimination.
De la même manière, si une nullité à trois ne vous satisfait pas
pour une fin de partie, gardez vos yeux ouverts aux autres opportunités.
Vous devrez alors sécuriser vos frontières autant que possible.
Vous pouvez également essayer de " prêter " une unité ou deux à
votre future victime, unités qui effectueront par la suite des raids
derrière ses lignes. Vous devrez explorer tous les sentiments forts
qui auraient pu se développer entre vos alliés, spécialement si
l'un a rencontré plus d'opposition que l'autre. Il ne faut pas oublier
que votre meilleure opportunité de transformer une triple alliance
en victoire peut ne pas être une trahison directe, mais simplement
la prise de l'avantage dans une guerre ou dans une escarmouche qui
pourrait éclater entre les deux autres puissances. Alternativement,
vous pouvez choisir de terminer la partie par une égalité à 17-17.
Dans ce cas, toutefois, il faut bien se rappeler que si la victime
visée a plus de 8 centres, il pourra probablement offrir la partie
à votre partenaire en effectuant une défense non équilibrée. Des
négociations toutes en finesse sont nécessaires lors de la rupture
d'une triple alliance.
Finalement, on notera que les trois catégories de triple alliance
présentées ci-dessus ne parlent que des étapes d'ouverture d'une
partie. Au fur et à mesure que les victimes sont englouties, toutes
les triples alliances tendent à devenir fermées (d'ouvertes à fermées
ou de disjointes à ouvertes). Alors que les caractéristiques géopolitiques
changent, vos réflexions et vos plans devront également s'ajuster
à la nouvelle situation.
Les triples alliances sont un élément curieux du jeu classique de
Diplomacy. Leurs actions, sur la carte et en-dehors de la carte,
vaudraient des études plus approfondies que celle qui précède. Mais
le meilleur moyen d'étudier les triples alliances est encore de
les expérimenter plusieurs fois. Parfois, vous en serez la victime
et vous pourrez en analyser les effets de l'extérieur. Parfois,
vous en ferez partie et vous pourrez alors en mesurer tous les effets
de l'intérieur.
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